Ainsi donc notre président à talonnettes a déclaré au sujet des guérilleros des FARC que la France était prête “à accueillir tous ceux qui accepteraient de renoncer à la lutte armée”.
Rappelons que les FARC, ainsi que les ELN (deuxième groupe rebelle en importance après les FARC) sont accusé par la commission colombienne des juristes d’être responsables de la mort d’environ 5000 personnes entre 2000 et 2006, et qu’ils financent leur mouvement par la prise d’otages, l’extorsion, le détournement et le trafic de drogue.
Rappelons également qu’en France ont trouvé refuge, grâce à ce qui est communément appelé la “doctrine Mitterrand”, environ 300 italiens ex-membres des Brigades Rouges, responsables de 415 morts pendant les années de plomb entre 1969 et 1988.
Rappelons enfin que, rompant en 2002 le serment de la France de mettre “à l’abri de toute sanction par voie d’extradition” les italiens ayant “rompu avec la machine infernale” et réinsérés, Dominique Perben, garde des sceaux du gouvernement Raffarin, a extradé vers l’Italie Paolo Persichetti. Viendront en 2004 l’extradition de Cesare Battisti (l’homme a été arrêté au Brésil alors qu’il était en fuite) et en 2007 celle de Marina Petrella (signée par François Fillon), qui se laisse à présent mourir à Fleury-Mérogis. Tous ces ex-brigadistes sont aujourd’hui menacés de retourner d’un jour à l’autre purger la peine de prison à laquelle ils ont été condamnés en Italie alors qu’ils ont reconstruit leur vie en France, sous la protection de neuf gouvernement successifs.
Vous avez dit deux poids, deux mesures?
(lire également à ce propos la réaction de Fred Vargas dans Le Point)
1 year ago